Bien s'équiper
La pierre japonaise
Synthétique ou naturelle, quel grain, faut-il la tremper : laquelle choisir pour commencer.
Choisir sa pierreUn couteau japonais demande deux précautions : son angle est plus fermé que celui d'un couteau européen, et certains modèles ne sont affûtés que d'un côté. Identifiez d'abord votre lame, puis suivez la méthode qui lui correspond.
En bref
Un couteau à double biseau est affûté des deux côtés ; un couteau à simple biseau ne l'est que d'un côté. Kai, Korin, Global et Tojiro font tous cette distinction, et la méthode d'affûtage en dépend. Avant de sortir la pierre, regardez donc les deux faces de la lame, près du tranchant : un biseau visible de chaque côté, c'est un double biseau ; une face plate ou légèrement creusée, c'est un simple biseau.
Le gyuto, le santoku et le petty sont en majorité à double biseau. Ce double biseau peut être symétrique (50/50) ou asymétrique, avec un biseau plus large côté face. Beaucoup de couteaux de style occidental fabriqués au Japon sont asymétriques, et le ratio le plus cité est le 70/30. D'autres restent symétriques, comme les Shun Classic selon Kai. La fiche de votre modèle, ou un coup d'œil aux deux biseaux, vous le dira.
Selon America's Test Kitchen, le ratio indique la part de l'angle total que prend chaque biseau : une lame de 30° au total en 70/30 a environ 21° côté face et 9° côté dos.
Les couteaux traditionnels à simple biseau sont le deba, le yanagiba et l'usuba. Leur face arrière, l'ura, n'est pas plate : elle est légèrement creusée, c'est l'urasuki. Selon Kai et Korin, ce creux aide le produit à se détacher de la lame. Côté face, le biseau est limité par une arête, la ligne de shinogi, que Korin et le coutelier Jikko demandent de préserver à l'affûtage.
Un simple biseau existe en version droitier et en version gaucher, chez Korin comme chez Yoshikin, le fabricant de Global. Selon Korin, l'affûtage ne permet pas de passer de l'un à l'autre : choisissez le bon sens à l'achat.
Le santoku est le plus souvent à double biseau : c'est ce qu'écrit Jikko, coutelier de Sakai, et c'est ainsi que Zwilling et Kai le traitent. Mais Jikko fabrique aussi des santoku à simple biseau. Regardez les deux faces de votre lame avant de l'affûter.
Les couteaux japonais ont un angle plus fermé que les européens : environ 9 à 16° par côté, selon la marque. Le bon angle reste celui que donne le fabricant de votre couteau.
| Marque ou type de lame | Angle par côté | D'après |
|---|---|---|
| Shun (Kai) | 16° | Shun |
| Shun, Western Cook's Knife | 22° | Shun |
| Kai (hors Shun) | environ 15° | Kai Europe |
| Global | 10 à 15° (environ 15° selon Yoshikin) | Global ; Yoshikin, son fabricant |
| Tojiro | 10 à 15° | Tojiro |
| Miyabi et santoku Zwilling | 9 à 12° | Zwilling |
| MAC | 15° d'usine, 10 à 15° conseillés | Tormek, qui cite MAC |
| Wüsthof, lames asiatiques | 10° | Tormek, qui cite Wüsthof |
| Toute lame à double biseau | 10 à 20° | Naniwa, fabricant de pierres |
Le tableau des angles par marque donne aussi les couteaux européens, et la méthode du feutre permet de retrouver l'angle d'une lame dont on ne sait rien.
Certains guides parlent de 45°, ce qui a de quoi surprendre. Il s'agit d'un autre angle : l'orientation de la lame sur la pierre, vue de dessus. Yoshikin conseille de poser le couteau en biais, à 45 à 60° de la pierre, Wahei Freiz à 45° environ, Korin à 60 à 70°. L'angle du tranchant, lui, se mesure entre la lame et la pierre, et reste autour de 10 à 15°.
Sur un deba ou un yanagiba, on ne choisit pas d'angle : on pose le biseau bien à plat sur la pierre pour suivre l'angle d'usine. C'est la consigne de Tojiro, de Kai et de Korin, qui insiste sur le respect de la ligne de shinogi. On affûte cette face jusqu'à ce qu'un morfil régulier se forme sur la face arrière.
Sur la face arrière, on n'affûte pas vraiment. On pose la lame complètement à plat et on fait quelques passes légères pour retirer le morfil : Korin, Wahei Freiz et Kai Europe décrivent tous ce geste, et Wahei Freiz parle de deux ou trois passes. Korin appelle ce travail à plat l'ura-oshi ; d'autres auteurs donnent aussi ce nom à la fine bande plate qui borde le creux de la face arrière.
Les couteaux japonais sont en général plus durs que les européens : autour de 60 à 63 HRC sur les gammes relevées chez Shun, Kai et Miyabi. Un acier plus dur garde son fil plus longtemps, mais il est moins tenace : un fil fin et dur s'écaille plutôt qu'il ne se tord. Shun, Korin et Miyabi déconseillent donc les os, les aliments surgelés ou très durs, la torsion et le levier avec la pointe.
L'affûtage peut aussi ébrécher. Korin déconseille les pierres à huile, souvent trop grossières pour une lame fine en acier dur. Yoshikin, le fabricant de Global, déconseille son aiguiseur rapide sur un couteau qui coupe encore, car il peut causer des ébréchures, et sur une lame déjà ébréchée.
Sur le fusil en acier, les fabricants se contredisent, parfois au sein d'un même groupe :
| Fabricant | Position | D'après |
|---|---|---|
| Shun (Kai, États-Unis) | Oui, avec un fusil à guide de 16° | FAQ Shun |
| Kai (Europe) | Déconseillé, à cause de la dureté de l'acier | Catalogue Kai 2024 |
| Korin | Déconseillé sur les couteaux japonais | FAQ Korin |
| Zwilling | Donne un angle de 9 à 12° pour les Miyabi | Zwilling |
| Miyabi | Uniquement la pierre ou l'aiguiseur de la marque | Notice Miyabi |
Suivez donc la notice de votre marque. Et une tige céramique, ou un fusil diamanté, enlève du métal : selon Shun, ce sont des outils d'affûtage, pas d'entretien courant.
Un aiguiseur à angle fixe doit correspondre à l'angle du couteau. Shun cale le sien sur 16°, Zwilling prévoit environ 10° par côté pour les lames japonaises sur son V-Edge, et le Chef'sChoice 1520 a un étage « Asian » à 15°. Voir les aiguiseurs à angle fixe.
Reste la pierre à eau, que Yoshikin, Korin et Miyabi préfèrent ; Kai, plus nuancé, propose aussi bien la pierre traditionnelle que l'aiguiseur électrique. Si votre couteau est en céramique, la méthode change : voir aiguiser un couteau en céramique.
Le plus souvent, entre 9 et 16° par côté, selon la marque : 16° chez Shun, 10 à 15° chez Tojiro et chez Global, 9 à 12° pour les Miyabi selon Zwilling. Sur un couteau à simple biseau, on ne choisit pas l'angle : on pose le biseau à plat sur la pierre pour suivre celui d'usine.
Les fabricants ne sont pas d'accord. Shun vend un fusil avec un guide à 16°. Kai, dans son catalogue européen, et Korin le déconseillent à cause de la dureté de l'acier. Miyabi recommande ses propres outils. Suivez la notice de votre marque ; une tige céramique enlève du métal, ce n'est pas un simple fusil.
Seulement si son angle correspond à celui du couteau : Shun cale le sien sur 16°, Zwilling prévoit environ 10° pour les lames japonaises sur son V-Edge. Les couteaux à simple biseau sont exclus de la plupart des aiguiseurs (Kai, Kyocera, Global). Ces fabricants préfèrent la pierre à eau.
Regardez les deux faces près du tranchant. Si un biseau est visible des deux côtés, c'est un double biseau, symétrique ou non. Si une face est plate, ou légèrement creusée, c'est un simple biseau : c'est le cas des deba, yanagiba et usuba.
Le plus souvent à double biseau. Mais des fabricants japonais, comme Jikko à Sakai, font aussi des santoku à simple biseau. Vérifiez votre lame avant de l'affûter.
Son acier est plus dur (souvent 60 à 63 HRC) et sa lame plus fine qu'un couteau européen : le fil garde sa coupe plus longtemps, mais il est moins tenace. Shun, Korin et Miyabi déconseillent les os, les surgelés, la torsion et le levier. À l'affûtage, Korin met aussi en garde contre les pierres trop grossières.
Sources consultées en novembre 2026 :
Bien s'équiper
Synthétique ou naturelle, quel grain, faut-il la tremper : laquelle choisir pour commencer.
Choisir sa pierreLe bon réglage
Le tableau complet par marque, couteaux européens compris, et la méthode du feutre.
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